Have you met my friend Helvetica?

Hello there!

L’été est là, il fait beau et chaud, et moi je suis en retard pour t’écrire… J’ai mis un peu plus de temps à me poser mais j’oscillais entre deux sujets différents à aborder. C’est le plus “sérieux” qui a gagné (désolée !)

Il arrive parfois, au tout début d’un projet, qu’un ou deux éléments ne plaisent pas – notamment le choix de polices. Et en bon français, j’ai donc des retours comme “ohlala, je n’aime pas du tout la typo…”. Aucun problème ! Ça fait parti du processus créatif.
Mais moi, après avoir lu ça, je me dis “c’est cool, mais du coup…?”

Et puis, je me rends compte qu’en fait, la Typo, moi, c’est ma pote ! Je la connais depuis un moment maintenant. Je connais ses forces, ses qualités et ses défauts. Comment l’appréhender et la mettre en valeur ! Et j’en oublie que ce n’est probablement pas le cas de tout le monde.
Alors voilà, après ce constat, je me suis lancée dans un petit guide pratique qui te permettra de mieux la comprendre, la “critiquer” et en faire ta pote à toi aussi – à partager sans modération bien sûr ;).


La typo est le choix le plus important à faire quand il s’agit de communiquer, quelque soit le support (logo, faire-part, affiche, dossier de presse, etc.)
On peut avoir un superbe graphisme, de magnifiques illustrations mais il suffit d’un mauvais choix de typo pour tout détruire. Un peu comme un château de cartes, tu vois l’idée ? T’as mis du temps à le monter, t’as fait un truc super chiadé et là, tu fais le mauvais choix… Et c’est le drame.

Il faut savoir que la typo transmet un message, une émotion à elle seule. Il y en a qui vont te donner l’impression que tu t’es fait un nouveau pote en deux secondes et d’autres qui vont te faire penser au gros relou qui veut pas te lâcher dans le métro.
Chacune a son propre langage et toutes ont quelque chose à raconter, en plus des mots sur la page. Elles peuvent être décontractées, sérieuses, exotiques, décalées, etc.
Et comme aujourd’hui, il y en a à foison, la difficulté est de se retrouver dans toutes ces typos cools qui apparaissent tous les jours.
Je vais donc essayer à ma manière, de clarifier un peu tout ça pour t’aider à bien transmettre et exprimer ton message.

Ah, attend !
Avant d’entrer dans le vif du sujet, il me semble intéressant d’expliquer un peu les origines du mot
Typographie.
Étymologiquement parlant, il vient du grec τυπογραφία et signifie littéralement « 
écrire par l’empreinte ».
C’est par l’évolution des caractères – aussi appelés type (petite pièce, en plomb ou en bois, destinée à recevoir de l’encre avant d’être pressée sur un support pour y laisser son empreinte) et le développement de l’imprimerie, que la Typographie est devenue un art à part entière.
Le terme « 
typographie » aujourd’hui a donc un double sens. Il désigne aussi bien le procédé d’impression utilisant des caractères en relief (plus communément connu son son nom anglais « Letterpress ») que le style et l’apparence d’un texte.
Dans les deux cas, on peut dire que c’est l’art de composer graphiquement un texte.


Voilà pour la partie un peu théorique du sujet (ça ne fait pas de mal je trouve, si ?)
Mais revenons à nos moutons : le choix de sa typo.


Laisse-moi te présenter mes copines – il existe des façons de répertorier les typos plus officielles, comme la classification Vox-Atypi, mais je te les ai un peu vulgarisé pour rendre les infos plus accessibles à tout le monde 😉

Les Serif correspondent aux typos avec empattements – tu sais, ces petits pieds sur lesquels reposent les lettres ?
souvent considérées comme classiques et traditionnelles (voire conservatrices) elles peuvent aussi être élégantes et glamours – et là, impossible de leur résister !

Dans la famille Serif, on trouve aussi les typos égyptiennes (en anglais Slab Serif) : avec des empattements donc, mais plus gras et rectangulaires.
Elles, elles sont plus espiègles avec leur petit côté vintage ! Y’en a même certaines qui te feront voyager jusqu’au Far West.

Ensuite, vient les Sans Serif (les sans-pied) appelées communément « typo bâton » ou encore “grotesques” (car considérées à l’époque comme grossières et seulement bonnes pour la publicité).
Avec elles, on est dans une discussion simple, moderne et équilibré.

Les Scripts qui imitent l’écriture en cursive, chez lesquelles on trouve deux clans :

– les formelles, plus sophistiquées. Reconnaissables par leurs boucles et leurs fioritures qui s’étendent à partir de l’empattement et s’appellent, en anglais, swashes.
Elles nous ramènent aux XVIIe et XVIIIe siècles et nous rappellent l’incroyable écriture des maîtres.
– et les informelles, qui se sont développées au XXe siècle et sont toujours élégantes bien qu’un peu moins dans la finesse.

Et enfin, les manuscrites (mes préférées !) qui sont beaucoup plus naturelles et bien moins « proprettes » qu’une script.


Tu l’auras compris, chaque style typographique porte un bagage particulier avec lui, lié à son origine et à sa popularité. On connait tous la popularité de la Comic Sans…

Ah mais tiens d’ailleurs, sais-tu pourquoi tu peux être littéralement lapidé (et c’est un minimum….!) si tu l’utilises pour autre chose qu’une invitation d’anniversaire d’un enfant de 4 ans ?

Voilà comment cette typo est devenue la plus détestée du monde :
inspirée des Comic Book et a destination des enfants, elle a été créée en 95 pour le logiciel Bob de Microsoft (gros fail d’ailleurs). Tu te souviens de Rover le chien qui venait te donner des conseils sur Windows ? C’est un des survivants de Bob. Waf !
Bref, cette typo est devenu très vite populaire (car directement installée sur Windows) et a beaucoup été utilisée dans les écoles primaires, les crèches, et autres établissements pour enfants. Puisque, je le répète, avec son look enfantin elle était faite pour ça.
Mais voilà… Elle est devenue biennnn trop populaire et a été utilisée à toutes les sauces (hôpitaux, églises, restaurants, gendarmerie, chirurgiens, supermarchés, bars, ambulances, bus… et j’en passe !) pour transmettre des informations méga sérieuses. Or, cette typo, elle a un pouvoir incroyable : elle décrédibilise tous les textes. Et je dis bien TOUS. LES. TEXTES. même les plus sérieux.

C’est comme ça qu’utiliser cette typo est devenu un crime aujourd’hui. Et nous sommes en train de faire la même chose avec la Lobster Two d’ailleurs… Je dis ça comme ça !

Genre, vraiment beaucoup trop populaires… (images du site comicsanscriminal.com)



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