Eh dis, c’est quoi le letterpress ?

Il est temps que je reprenne mon clavier pour te parler d’un sujet qui séduit même les plus réfractaires au papier : l’impression artisanale.
C’est THE technique d’impression dont toute carte (qu’elle soit postale, professionnelle, de visite, de mariage et même à jouer) rêve d’être parée ! Et je les comprends ! Moi-même, je rêve d’avoir un jour un espace assez grand pour créer tous ces petits bijoux d’impression pour (enfin !!!) pouvoir me plonger dans l’encre (littéralement !).
En attendant, je vis par procuration – notamment grâce à Thomas de l’atelier Les Caracterres !

Eh oui, car malheureusement, ma grosse Maggie (aka mon imprimante) et moi-même ne pouvons pas tout faire toute seule. Par principe, on fait tout pour gérer nous-mêmes les projets et limiter les intermédiaires. (Ça me permet d’être sûre que ce que j’envoie correspond exactement à ce que j’avais en tête. Alors, ok, certains vont probablement penser que c’est une perte de temps, moi j’y vois un gage de qualité et – de manière très égoïste : – surtout beaucoup de plaisir 😀 !
Et puis, ça ne fait pas de mal à la planète ! C’est ma manière à moi (en plus de choisir des papiers recyclés voire même upcyclés et de limiter les découpes) d’être éco-responsable. 😉 Mais je m’égare ! Là n’est pas le sujet d’aujourd’hui. fermeture de la parenthèse)

Mais voilà, Maggie, sa spécialité c’est le mélange de 4 couleurs : le cyan, le magenta, le jaune et le noir – autrement appelé impression numérique (quadrichromie).
Et parfois, j’ai besoin d’un peu plus – et c’est là que je me tourne vers les impressions artisanales.

Mais alors qu’est-ce que l’impression artisanale ?

Élémentaire mon cher Watson ! C’est exactement ce que je vais essayer de t’expliquer de manière simple et sympa – sans trop rentrer dans des détails techniques.

L’impression artisanale comprend toute impression réalisée à la mano : letterpress, marquage à chaud, gaufrage, sérigraphie, risographie, linogravure et j’en passe.

Aujourd’hui, je ne vais te parler que des techniques auxquelles je suis le plus souvent confrontée, c’est à dire le letterpress, le marquage et le gaufrage.

Le Letterpress

Commençons par la plus connue : l’impression letterpress – aussi connue par les puristes sous le nom d’impression typographique.

Petit cours d’histoire – vite fait, promis !
Tout le monde – ou presque – connaît l’histoire de l’imprimerie avec, comme personnage principal, Johannes Gensfleisch, aka Gutenberg.
C’est au XVe que M. Gutenberg a révolutionné le monde (et ma vie des siècles plus tard) en créant les premières machines dédiées à l’impression. La technique a longtemps été la même : composer une plaque à l’aide de caractères mobiles (en bois au début, en plomb par la suite), les imbiber d’encre et les presser sur le papier. Ce qu’on oublie souvent de dire c’est qu’il s’est fortement inspiré d’un principe d’impression orientale qui consistait à utiliser des lettres mobiles pour imprimer du tissu (mais c’est un détail). La vision de Johannes a été de mécaniser ce principe et de l’appliquer sur papier – pas bête l’abeille (et merci !).

L’impression letterpress qu’on connaît, c’est exactement ce même principe en un peu plus moderne et flexible. Le plomb des caractères a juste été remplacé par du photopolymère, moins onéreux et capable de reproduire des motifs de plus en plus complexes avec une qualité d’impression toujours plus nette.

Bien qu’à l’origine, l’impression typographique se faisait à fleur de papier, tout l’intérêt de cette technique aujourd’hui se trouve dans le creux créé par la pression du cliché (plaque en polymère) sur le papier. C’est ce qu’on appelle en terme plus technique : le débossage (blind impression en anglais).
La limite de ce procédé (mais c’est aussi ce qui en fait sa beauté) c’est l’application des encres. Chaque couleur (Pantone©) demande la fabrication d’un cliché spécial. Les teintes sont donc imprimées une à une, ce qui demande un calage en machine pour chaque passage. Le nombre de couleurs souhaitées est donc déterminant du temps et du coût de réalisation du projet – on peut bien sûr tricher un peu en superposant deux couleurs ensemble par exemple 😉 Mais voilà la raison pour laquelle la majorité des projets ne comportent qu’une seule voire 2 couleurs.


Le second atout du letterpress, c’est qu’il est possible d’imprimer en débossage pur (blind debossing en anglais) c’est-à-dire sans couleur. Le graphisme prend alors vie par le jeu d’ombre et lumière créé par le creux dans l’épaisseur du papier (pour un bon résultat, il vaut mieux partir sur au minimin un papier de 300g de grammage).
Et si tu connais mon travail, tu sais à quel point j’adore utiliser cette technique !



Le Gaufrage

Le contraire du débossage, c’est l’embossage – connu sous le nom de gaufrage.
L’impression n’est cette fois-ci pas en creux mais en relief. Pour cela, on utilise deux clichés (mâle et femelle) entre lesquels le papier est pressé comme dans un moule à gaufres. Le motif se voit donc au recto mais aussi au verso de la carte – pour éviter ça, il faudra passer par du contre-collage (action d’encoller deux feuilles de papier ensemble). Du coup, cette fois, contrairement au letterpress, c’est maximum 300g pour le grammage du papier !
Pour un gaufrage encré, il faudra alors compter deux passages en machine : un pour l’impression proprement dite et un second pour le gaufrage.
Tu suis la logique ?



La Dorure

Enfin, la dernière technique : le marquage à chaud.
Le principe du marquage, c’est un peu le même geste que celui du letterpress : le cliché vient frapper le papier pour y laisser le motif.
La différence se trouve dans le procédé.
1/ la technique : le cliché doit être chauffé afin de venir encoller la pellicule de couleur sur le papier.
2/ la frappe : bien moins prononcée que dans le letterpress, la frappe du cliché va tout de même laisser un petit creux sur le papier sensible au toucher – et c’est ce qui fait toute la beauté de l’impression artisanale.
3/ enfin, les films : contrairement à l’impression typographique, on ne parle pas d’encre mais de film. Et des films, il en existe plein : des mats, des brillants, des holographiques, des métallisés et même à gratter.
C’est ce qui en fait aussi sa particularité. Grâce aux films opaques, on peut imprimer des tons clairs sur des papiers sombres – ce qui n’est pas possible en impression numérique ni en letterpress puisque le papier boit l’encre. D’ailleurs – petite apartée – l’encre blanche n’existant pas en impression numérique, la seule façon de faire du blanc (chez moi) c’est de passer par du marquage à chaud (je t’expliquerai dans une prochaine lettre pourquoi ce choix).



Et la touche finale ?

La couleur sur tranche ! Il n’y a pas de meilleur moyen selon moi de magnifier le plus simple des bouts de papier. C’est magique !



Et voilà ! J’espère que ce petit voyage au pays où les papiers volent, les couleurs pétillent et les machines ronronnent t’a plu !
A très bientôt pour la suite des aventures paperesques de l’atelier ! 🙂

With Love,
A.

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