Une approche sur mesure

Cher-e Toi,

Ça y est, ça fait un mois que j’ai lancé ce projet de partager avec toi mes aventures paperesques ! Il est enfin temps de t’écrire une nouvelle lettre !
Avant de te compter fleurette avec de la dorure, de te parler passionnément de « vectorisation » ou de te prendre par la main pour t’aider à réaliser je-ne-sais-pas-encore-quoi en papier, commençons par le commencement !
Laisse-moi te susurrer à l’oreille (et à l’oeil) c’est deux mots : sur-mesure… Ça fait des frissons, hein ?


La question est donc la suivante :
pourquoi ne faire que du sur-mesure ?

J’ai très rapidement abordé le sujet dans ma lettre précédente en déclarant nonchalamment un simple « je ne sais pas faire autrement », mais c’est un peu vague quand même, non ?

Avant toute chose, je devrais peut-être t’expliquer ma vision du sur-mesure, car elle est un peu particulière – je pousse le concept assez loin je crois.
Quelque soit le projet, qu’on parle invitation de mariage, faire-part de naissance ou encore identité visuelle, je n’arrête pas la créa à un nombre précis de propositions. Je ne me suis jamais retrouvée dans ce principe de limitation… J’ai trop besoin d’avoir ma liberté de penser (mais vous n’aurez pas, non vous n’aurez pas… ma liberté de penser ! Tatatala…)
Bon, pour être honnête, je commence à grincer un peu des dents lorsqu’on arrive à la 10e version d’un même projet mais ça reste tout de même super rare !
Mais voilà, parfois, ça demande un peu plus de temp – du temps d’observation et de recherche pour partir dans la bonne direction. Et ce temps de réflexion là, je ne veux surtout pas lui mettre de limite.
J’adore cette citation d’Abraham Lincoln qui dit “Give me six hours to chop down a tree and I will spend the first four sharpening the axe”(donnez moi six heures pour couper un arbre et je passerai les quatre premières à aiguiser la hache)

Cette notion de temps est vraiment très importante pour moi – voire indispensable en fait.

Prendre le temps d’écouter, d’échanger, de crobarder, de raturer, d’expérimenter et de recommencer… Alors c’est vrai, ce n’est certainement pas très productif ni rentable tout ça, mais j’ai toujours préféré créer plutôt que produire.
Toujours aller plus vite, courir à s’en oublier soi-même, produire à tord et à travers… Très peu pour moi.
J’aime savourer chaque instant, écouter le silence, observer, toucher et sentir ce qui m’entoure – je nourris mon esprit de ces petits riens qui sont en fait tellement….


Tiens, par exemple (attention, anecdote complètement hors-sujet) lors de mon EVJF, mes sœurs avaient demandés à chacune des personnes présentes de choisir deux mots au hasard (plus c’était incongru mieux c’était, forcément !) dans le but que je compose une lettre d’amour avec. Au grand dam de mes sœurs, j’ai mis plus d’une heure à l’écrire… Impossible de faire des phrases sans queue ni tête. Il fallait que ces mots complètement débiles forment un ensemble qui ait du sens pour moi comme pour Simon qui allait la recevoir ! … Bon, je crois que j’ai un peu pourri l’ambiance en prenant le sujet trop au sérieux mais j’ai adoré l’exercice de style et la lettre que j’ai écrite est vraiment géniale !
Bref. Tu vois l’idée ? J’aime prendre le temps pour donner du sens aux choses que je crée. Je ne sais tout simplement pas faire autrement.


Du coup, tu imagines bien que dans mon travail, c’est à peu près la même chose !
Faire du beau pour faire du beau, ça ne me correspond clairement pas.

Chaque choix que je fais a une raison d’être – et ce, jusqu’au choix du papier.

Car ce n’est pas qu’un simple support sur lequel on va imprimer, il fait partie intégrante de ma réflexion créative. Par sa texture, sa couleur, son touché et la manière dont il est travaillé, il va mettre en valeur le graphisme créé et donner du poids ainsi que du sens à l’histoire qu’il raconte.
Du SENS au sens symbolique du terme bien sûr mais aussi – et surtout – au sens matériel. Car le papier, bien que de premier abord puisse sembler plat, est en fait une véritable matière qui a du volume avec un recto et un verso, oui, mais aussi 4 autres côtés comme n’importe quel autre objet. Et une fois qu’on a compris ça, c’est les portes d’un nouveau monde qui s’ouvrent à nous ! Mais je m’égare là.


Je disais donc… chaque choix que je fais, je le fais pour raconter une histoire – Ton histoire – et créer la réaction souhaitée chez celui ou celle pour qui le projet est destiné (invités, amis, clients, famille). Car n’est-ce pas au final le but ultime de la papeterie ? Créer des émotions ? Faire pétiller les yeux et le cœur de Jeanne ou Pierre, les faire sourire, leur donner confiance, les inspirer ou encore les rendre impatients…
Et parfois – le plus souvent même – il suffit d’un simple murmure pour y arriver.

Voilà ce qu’est, pour moi, la création sur-mesure : prendre le temps d’analyser et comprendre pour enfin trouver l’équilibre subtil et ne pas avoir crier.
Et voilà pourquoi je ne fais que ça !


J’espère que ces quelques mots t’aideront à mieux comprendre qui je suis. En tout cas, moi ça m’en a appris encore un peu plus sur moi ! Et ça c’est cool 🙂

With love,
A.



PS : Ah mince, je n’ai pas mis les mots clés comme « mariage, papeterie, design graphique, etc » qui me permettront un meilleur référencement sur google… Tant pis !
Je préfère rester moi-même et ne pas t’écrire pour faire semblant. 😛


Artisan designer